lundi 7 janvier 2019

Méfions nous pour nos zones de montagne en Lozère

Alors que nos élus régionaux vont faire de beaux discours pour leurs voeux pour nos zones de Montagne,  il faut prendre conscience d'une triste réalité.

 

Nous avions eu cru comprendre que Carole Delga s'était enfin exprimé fin 2018, contre l'éolien en zone de montagne.
Et bien ce n'est pas si sûr ; nous venons d'apprendre que la Région gaspille notre argent dans le soutien aux entreprises éoliennes, alors que déja celles-ci au travers des coûts de rachat de l'électricité sont subventionnées à 50%
"10 500€ à la SAS Escandorgue Energie Eolienne pour de l’aide à la décision dans le projet d’installation de 3 éoliennes sur le site de l’Escandorgue" 

Mais on va nous dire que c'est pour le développement de l'emploi ; pas si sûr quand on regarde les fiches de la société SAS Escandorgue

 Et ce qui fait encore désordre, pour une région à énergie positive, qui se veut à la pointe de l'environnement, c'est son soutien à des projets d'éoliennes industrielles dans nos espaces naturels de montagne, où déja des décisions juridiques ont annulé des projets pour non respect de l'environnement comme récemment sur l'Escandorgue.

Et pour "réjouir"nos amis lozériens, la vice présidente régionale déléguée à la montagne est la conseillère régionale de Lozère. 

Et pendant ce temps nos marcheurs gilets jaunes de Lozère vont voir Macron, alors qu'ils ont sous leur yeux à Mende des incohérences majeures en matière d'environnement et de gestion de nos finances publiques : dans nos zones rurales de montagne qui devraient faire l'objet de politique dynamique de préservation, on fait la promotion de sociétés  qui veulent faire du fric sur nos espaces naturels sans respect des décisions de justice, et en plus pour aller convaincre les élus locaux et pour monter leur dossier administratif n'ont pas honte de solliciter encore de l'argent public.

Heureusement qu'il y a encore des associations qui luttent, sans faire de bruit, sans rien casser, pour faire respecter à la fois le droit et le bon sens dans nos espaces exceptionnels de la Margeride ; c'est le cas de celle des Robins qui s'oppose au mitage éolien de la Haute Lozère.

Nous vous mettons en lien un récent compte rendu des Robins sur les recours en cours : dont le dossier des Taillades, le dossier de Limouzette (Lachamp), le dossier de Champcate (Can de la Roche).

Sur Champcate le tribunal administratif de Nîmes à pris un arrêt  d'annulation du permis de construire du projet éolien au titre de la loi montagne, sur la motivation d'un article L 122.3 que tout le monde croyait qu'il serait inopérant, cette argumentation  sur le L 122.3 du code de l'urbanisme a été développée suite à une consultation de Vent de Colère auprès d'un avocat du Conseil d'Etat. Et donc article qui pourrait être appliqué dans le cas des Taillades, d'où bien entendu devant ce risque d'une annulation prochaine l'accélération depuis mi-novembre 2018 des mémoires du promoteur comme le montre la liste de la cour administrative de Marseille.

Pour information juridique cet article  L 122.3 qui pourra motiver une annulation pour absence de démonstration d'une nécessité technique impérative dans le dossier de ce projet éolien sur cette zone de montagne des Taillades, avait déja fait l'objet par le conseil d'Etat d'une confirmation d'un arrêt d'annulation.

Mais le plus risible dans cet affaire, c'est que ce motif d'annulation inscrit dans la loi, n'avait pas été reconnu par notre Secretaire Général de la préfecture lors du recours gracieux des Robins ; c'est dire que dans le cadre du Grand Débat National il faudra demander une formation complémentaire juridique pour nos grands fonctionnaires ; c'est le même qui d'ailleurs avait essayé de nous faire croire qu'une charte de PNR comme celle de l'Aubrac n'avait pas de caractère juridique d'opposabilité, ou (et) de prise en compte, alors que ce principe est inscrit dans la loi.

Au même titre de ce constat il faudra demander une formation sur l'obligation de neutralité dans la gestion des dossiers éoliens, qui le plus souvent sont instruits avec un regard plus que bienveillant de la part de l'administration.
A ce sujet nous vous mettons en lien un courrier de Robins sur le dossier des Taillades ; nous vous avions dans nos pages fait part que ce projet en fait nécessitait le réaménagement de la piste d'accès sur plus de 10km, réaménagement considéré comme mineur par l'administration, alors que la réalité des travaux concerne une vraie voie nouvelle sur une ligne de crête majeure du massif de la Margeride, qui aurait du faire l'objet d'une autorisation spéciale et sans doute d'un refus au titre de la loi Montagne. Et bien encore là, que nenni, la loi Montagne comme pour la Région exceptionnellement, ne semble être pas appliquée pour l'éolien dans nos magnifiques espaces. Et en plus malgré ce le promoteur ne respecte encore pas les prescriptions de l'arrêté d'autorisation, l'administration ne se réveille qu'après plainte des Robins, et encore sous-estime les observations des Robins, dans la réalité il a été mis des produits carbonés sur plus de 35% d'un itinéraire de plus de 10km sur cette ligne de crête, mais c'est sans doute pour lutter contre l'effet de serre.

Moralité :
Quand on voit que sur les Taillades au vu des multiples récents mémoires, le promoteur  a le feu au cul, et fait dans l'abusif, et quand le discours dominant c'est de dire que ce sont les associations qui font des interventions abusives, et quand la préf et les services nous traitent de non initiés, de faire des allégations, mettent en doute la vraisemblance des photos-montage professionnels joints dans les recours en annulation, quand un secretaire général refuse de faire appliquer un article de loi, car il n'y a pas eu de jugement sur le sujet, c'est bien démonstratif d'une administration un peu dépassée.
Il y aurait de quoi mettre un gilet jaune, mais ce ne sera pas une raison pour aller défoncer les portes d'un bâtiment public.

Le droit et la démocratie sont avec nous, respectons les, mais pour ce il faut être bien informés ; raison de plus pour être vigilants sur ce qui se trame sur nos espaces ruraux de montagne.


Le respect de notre environnement est un long travail, on dirait un travail de fourmi ; mais dans notre cas un travail collectif, comme celui de l'abeille, qui a lui aussi besoin d'un soutien. Et c'est le cas pour le travail des Robins, qui auront sans doute encore besoin de votre soutien financier en 2019.

samedi 5 janvier 2019

Exprimons nous en Lozère et ne tournons pas en rond.

Il ne sert à rien de tourner en rond sur un giratoire avec un gilet jaune, ou de mettre un gilet jaune sur son tableau de bord, pour faire progresser notre société et notre démocratie.

Certes le mouvement a permis de poser de bonnes questions, mais à un moment il faut savoir conclure un mouvement par des négociations claires et retrouver la paix sociale.
 
C'est extraordinaire cette fausse lecture par les médias et de soit disants experts, sur ces nouveaux espaces de convivialité. De tout temps, depuis des millénaires, le lieu des échanges c'est l'espace public, l'agora au temps des grecs, le forum au temps des romains, la rue et la petite place, le bistrot, dans nos petits espaces urbains de nos territoires ruraux. Or nous avons assisté ces derniers mois plutôt à la casse de nos espaces publics emblématiques.
Et pendant ce temps on a tourné en rond sur des espaces qui n'ont rien de convivial et d'urbain : les ronds points, et comme les giratoires c'est fait pour tourner en rond, il est navrant de constater qu'il n'en sort pas grand chose en terme de réflexion et de méthodologie collective.

Mais ce n'est pas le fait des gilets jaunes, c'est notre problème de notre société française. Regardez bien la France, c'est le pays d'Europe où il y a le plus de giratoires, et analysez encore plus finement : les giratoires sont devenus des lieux stratégiques d'implantations des supermarchés, des chaines commerciales, et même des collèges et de lycées. C'est dire les erreurs de notre éducation nationale, pour aller plus vite à l'école, on apprend à nos élèves à tourner en rond, et à consommer, quel bel avenir!!!!!!

Moralité une partie de la population tourne en rond, et ne peut plus consommer faute de travail, car mal formée, mal éduquée, ........

Il y a déja plusieurs dizaines d'année l'humoriste Raymond Devos nous faisait part de l'absurdité de ces giratoires.

Mais revenons sérieux, et ne démissionnons pas un jour pour faire semblant de reprendre la main le lendemain.

Nous avons la possibilité de nous exprimer dans le cadre du grand débat national ; peut être qu'il n'en sortira que des réformes modestes, mais il faut y participer.

Il était déja possible de s'exprimer sur le site du CESE, mais cette consultation s'est close il y a quelques jours.

Nous avions fait part au CESE de nos observations sur la question de l'éolien qui nous concerne particulièrement en Lozère, et nous avons aussi transmis notre texte au député (voir ci-dessous).


Bonjour,
suite à la crise actuelle, et à la concertation numérique proposée par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), j’ai proposé le texte suivant :
Dès la conférence de RIO, pour parler d'un environnement "sustenable", il avait été soulevé la nécessité de la prise en compte de trois enjeux : économique, social, environnemental.
Or la crise des gilets jaunes a en partie été provoquée par la non prise en compte de ces trois points. La colère populaire s’est exprimé suite à la hausse des taxes carbones, sans réel débat préalable, sans réflexion sur les effets pervers sur les personnes les plus fragiles financièrement, et tout ça pour sur subventionner de façon scandaleuses des filières d’énergie renouvelable qui n’ont pas démontré leur intérêt environnemental, économique ,énergétique, industriel.
Et malgré cet élément qui est à l’origine de la crise actuelle, on ne parle pas dans les médias et les débats actuels de cette problématique de non sens des décisions entre environnement, économie et besoins sociaux.
Il serait temps d’afficher de vraies priorités en matière environnementale :
Pour la lutte contre l’effet de serre, il faut d’abord prioriser les économies d’énergie dans l’isolation des bâtiments, et dans les transports qui sont des charges lourdes pour la population, et qui répondraient réellement à un développement économique national soutenable.
Il faut en matière économique et industriel respecter des principes simples : prioriser des filières qui ont un réel intérêt économique et industriel, en évitant les subventions inutiles qui ne servent qu’à permettre à certaines filières de faire des profits scandaleux sur le dos des consommateurs, et donc avec le nerf de l’argent facile, de se croire en terrain conquis sur l’ensemble de nos territoires.
Il faut donc supprimer les subventions pour l’éolien industriel, qui soit disant est mature depuis des années, et qui ne crée que très peu d’emplois en France.
Il faut arrêter de modifier sans arrêt nos textes fondamentaux (code de l’environnement,…) pour favoriser des filières énergétiques contestées.
Il faut arrêter cette pression de l’éolien industriel sur nos espaces ruraux, qui n’ont pas vocation à être des espaces industriels pour fournir en énergie les grandes métropoles.
Il faut exclure l’éolien industriel de nos zones montagnes emblématiques, en s’appuyant sur la loi Montagne ; ce qui devrait être le cas de tout le département de la Lozère.
Il faut repermettre à nos représentants parlementaires d’être la courroie de transmission entre le tissu social, territorial, et économique , et les prises des décisions gouvernementales. Il y a là un vrai travail de recomposition politique, au sens noble de la politique, et ce tant au niveau des méthodes de travail locales et nationales, qu’au niveau des composantes représentatives sociales.

Je me permets donc de vous faire part de ces observations, que j’aurai pu développer, mais il me faudrait des pages, et cela n’aurait pas d’intérêt.
Vous êtes à même au vu de votre expérience et de votre participation très active au parlement, pour apporter un peu de bon sens dans les débats à venir, en évitant les débats stériles politiciens.
Je me suis investi depuis de nombreuses années dans une lutte collective contre le mitage éolien de la Lozère, et les récentes décisions des juridictions administratives sur les projets éoliens en Lozère attestent que nous avons raison de défendre nos espaces paysagers et naturels emblématiques.
Je pense que vous êtes à même de rappeler les enjeux de nos espaces ruraux de montagne, et que vous avez la capacité de contrer les discours oiseux de ceux qui nous ont mis dans le mur. Un certain Hulot qui a poussé aux augmentations des taxes sur les produits carbonés, et qui démissionne quand ça sent le roussi, et une certaine Duflot qui maintenant propose une relance des mesures environnementales et une baisse du coût de l’essence. Et ne parlons pas de certains gilets jaunes qui ne savent pas ce qu’ils veulent, et même de certains élus qui les soutiennent, dont certain démissionne un jour et se contredit le lendemain.
Vous avez donc en tant que parlementaire, une responsabilité de tout faire pour que notre représentation nationale participe à un débat positif et constructif.
Je ne crois pas que demain on rasera gratis, mais par contre il y a un vrai enjeu de notre démocratie, et de notre économie nationale.
Donc tous mes encouragements dans votre travail de parlementaire.
Et mes meilleurs vœux pour ces fêtes de fin d’année et pour l’année 2019.

Noel Ducret

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Association Collectif Terre de Peyre

La bessière

48130 Javols

Blog : http://collectifterredepeyre.blogspot.com/

Il faut aller auprès de nos représentants locaux faire part de nos observations dans le cadre de ce débat national, et il est encore possible de le faire aussi sur le site des maires ruraux, vous avez jusqu'à fin mars 2019 pour le faire, et là vous n'avez pas besoin d'un gilet jaune, où de casser un monument national.

 Si selon l'adage : "le vol d'un papillon peut créer plus loin une tempête", peut être que les observations de quelques lozériens peuvent être utiles pour lutter contre le mitage éolien de nos espaces lozériens; la Margeride le massif le plus concerné par la pression du lobby éolien vaut bien un effort de chacun. 
Profitez des cérémonies de voeux de vos élus (maires, conseillers départementaux, député, sénateur) pour faire part de vos préoccupations dont celle contre l'éolien industriel en Lozère.

mercredi 2 janvier 2019

Meilleurs Voeux 2019 à la Lozère

Merci à ceux qui lisent ces quelques pages de blog, sur le sujet de l'éolien en Lozère ; avec une dizaine d'associations en Lozère, nous avons toujours soulevé le risque d'un mitage éolien désastreux dans nos exceptionnels espaces ruraux de montagne.

Nous avons aussi de nombreuses fois soulevé les dérives de subventions scandaleuses sur le dos des contribuables et des consommateurs, et donc l'aggravation des taxes sur l'énergie qui ont été le détonateur de la crise des gilets jaunes.

Mais notre société est ainsi faite, que ce problème a peu été développé dans les médias ; et pourtant il faudra bien que celui ci soit traité dans le débat national proposé par notre président.
A moins que l'on continue à aller dans le mur, aggraver la dette, perturber l'activité économique, et au lieu de prendre de bonnes décisions, continuer à rester dans les discours politiciens qui ne font qu'aggraver les ressentiments d'une partie de la population.

Continuons donc à être vigilants en Lozère, sur ce sujet de l'éolien industriel, et souhaitons que 2019 soit une année de refus définitif de ces énormes machines industrielles dans tout le département et plus particulièrement sur la Margeride. Les décisions des juridictions annulant les dossiers éoliens en Lozère, et la pugnacité des Robins dans les recours vont dans ce sens.

Et encore Meilleurs Voeux à tous pour 2019